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Les blogs d'Elizée

Son nouveau journal :

LE MURMURE DES POUPEES

 

Une boutique pour vos poupées :

ELIZEE-BOUTIQUE

 

Coudre pour vos poupées :

COUSONS-COUSETTE

 

30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:58

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CHAPITRE III : LA MOISSON (suite et fin)

 

-Savez-vous que j’ai encore mes poupées de modes et travaux dans un carton ? m’annonce une dame toute contente de voir mes poupées. Françoise, Marie-Françoise et Michel ou Jean-Michel, je ne sais plus. Et j’ai gardé tous les petits habits que je cousais avec ma maman, et tous ceux qu’elle me tricotait… Je vais les ressortir, et je vous les montrerai !

 

francoise-titre.jpg

Je suis aux anges ! Ces poupées accompagnaient la revue « Modes &Travaux » depuis les années 50 jusqu’aux années 80 ; les premières furent fabriquées par la société Nobel Française (SNF), mais dès 1963, c’est l’entreprise Petitcollin qui prit le relais. La revue donnait des patrons de couture et de tricot pour habiller les poupées : à raison d’un modèle par mois, vous imaginez la garde-robe des mignonnes ! (Les curieux insatiables peuvent aller lire mon article « les poupées de Modes et travaux » pour en savoir plus)

Dans les jours qui suivent l’exposition, cette gentille dame tient promesse et me recontacte : en fait, elle n’a plus « Françoise » en celluloid, hélas, qui a dû être cassée, mais elle a deux « Marie-Françoise », une blonde et une brune, et un « Jean-Michel »… ainsi que des vêtements et des patrons !

-J’ai tout lavé et repassé, me dit-elle, joyeuse, au téléphone. Comme je me suis amusée ! il me tarde de vous montrer tout cela !

Moi aussi, je suis pressée ! Nous prenons donc rendez-vous… Mais, pour l’instant, revenons à notre exposition…

 

public 77

Le flot des badauds diminue avec l’après-midi qui s’écoule. Petit à petit, chacun des exposants commence à remettre de l’ordre dans ses affaires… Pourtant, un couple s’arrête devant mes belles, visiblement intéressé et attentif. Comme je m’approche, le monsieur m’explique qu’il possède un poupon en celluloïd chargé de souvenirs, mais qu’il l’a cassé en le laissant tomber…. Sa tête est éclatée, c’est irréparable.

-J’y tenais beaucoup, me dit-il. Je l’avais acheté en 1958 à Albi. C’est un baigneur habillé en parachutiste.

Je suis très étonnée ! Voilà que j’entends parler d’un tel baigneur deux fois dans la même journée, quelle coïncidence ! Vite, je l’emmène regarder celui qui m’a été montré ce matin-même, mais la propriétaire l’a déjà rangé dans sa voiture, et ne semble pas enthousiaste pour aller le rechercher… Tant pis : je propose à ce monsieur de m’envoyer une photo du poupon, et nous verrons ce qu’il est possible de faire : trouver le même modèle, faire changer la tête de celui-là, des solutions existent sûrement ! Il est très content et me quitte en prenant mes coordonnées.

 

public 88

Voilà un week-end bien rempli ! Nous pouvons plier bagages : je suis satisfaite, les poupées ont bien travaillé, ma malle aux souvenirs a fait le plein.  Il me reste à réinstaller les jolies sur leurs étagères, à classer les photos, à raconter pour votre plaisir toute ces belles rencontres…

 

le pays 18-4-10Le Pays de Franche-Comté (18-4-2010)


Puis  je retournerai au calme et à la solitude que j'aime tant, bercée par le tendre murmure des poupées…

 


 

Chapitre I : Les préparatifs - Chapitre II : L'installation - Chapitre III : La moisson des souvenirs


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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 19:49

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CHAPITRE III : LA MOISSON (suite)

 

- Bella, Bella ! s’écrie une dame enthousiasmée par mes poupées. Je connais bien cette marque ! Dans mon enfance, j’habitais près de Perpignan ; un jour, ma tante nous a emmenées, ma sœur et moi, chez une de ses amies.
« Prenez vos poupées », nous a-t-elle ordonné… Son amie était couturière à domicile pour l’entreprise Bella. Il y avait plein de vêtements de poupées partout ! Elle nous a demandé si nous voulions qu’elle nous couse quelque chose pour nos poupées ; tout en parlant avec notre tante, elle a coupé et assemblé devant nos yeux deux tenues complètes pour chacune : petite robe, paletot et culotte ! Je me souviens encore que la mienne était en vichy rouge ! C’était merveilleux : c’est comme si nous avions rencontré une fée !

 

public 2

-Demain, me souffle ma voisine, la douce « miss mini-trésors », je t’apporterai les poupées d’enfance que j’ai gardées. Ma préférée ressemble à celle-là (elle me montre une grande poupée Clodrey), mais je n’avais pas le droit de jouer avec pour ne pas l’abîmer…
Et le lendemain, en effet, les poupées sont là ! La grande poupée est en fait une Gégé, en excellent état, et pour cause !

 

gégé 50cm claire

L’autre est la fameuse Cathie, la poupée-mannequin de Bella : elle aurait besoin d’un petit nettoyage et démélage, mais elle a encore de l’allure !

 

bella cathie Claire

Et sa petite maman lui avait même cousu une jolie robe avec les bretelles croisées dans le dos : regardez comme elle est romantique !

 

bella cathie robe Claire

Je félicite ma voisine, et j’ajoute, mine de rien, que je suis prête à adopter sa « Gégé », au cas où elle ne voudrait pas la garder. Mais rien à faire, « Miss mini-trésors » entend garder sa poupée ! A la rigueur, elle me laisserait Cathie : mais voyez comme le monde est mal fait, je ne collectionne pas les poupées-mannequins et je boude même la fameuse Cathie… Bon, tant pis, les deux poupées repartiront avec leur maman de toujours !

 

public 5

En chemin, je dois vous dire que mes amies collectionneuses sont venues me rendre une petite visite, parcourant sans hésiter deux cents kilomètres pour partager avec moi la joie de cette première exposition ! Je suis très touchée… Je dois vous parler aussi de ma fille chérie, qui a tout installé avec moi et m’a tenu compagnie le samedi, et de mon amie Geniévre, venue passer le dimanche à mes côtés et m’aider à tout ranger le soir venu… Comme j’ai de la chance d’être si bien entourée !

 


public 4

 

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Chapitre I : les préparatifs - Chapitre II : l'installation - Chapitre III : la moisson des

souvenirs

 


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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 18:32


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CHAPITRE III : LA MOISSON DES SOUVENIRS

 

Eh bien, mes chers lecteurs, je vous rassure tout de suite : à mon retour, les poupées étaient toutes là !  Sages et confiantes, elles attendaient que le public veuille bien venir les admirer…

Je me place sur le côté, et j’observe les personnes qui passent : si certaines ne jettent qu’un bref coup d’œil, la plupart s’arrêtent et prennent plaisir à me parler !

 

public 1

-Moi, me dit une dame, j’ai deux valises de vieilles poupées au grenier ; mais elles sont en « plastique », elles ne sont pas intéressantes comme les vôtres !


-Moi, me dit une autre, j’ai vendu ma belle poupée d’enfance à tête en porcelaine à un brocanteur pour presque rien : j’aurais mieux fait de la garder et de vous la donner ! D’ailleurs, il me reste un petit poupon noir, comme celui-là (elle pointe un petit Bella), je vous l’apporterai et ce sera pour vous ! C’était mon bébé préféré !


Une jeune femme, penchée sur les cartes postales exposées en face de moi, ne me parle pas du tout : elle se contente de jeter de brefs coups d’œil vers les poupées, puis tourne vite la tête vers les cartes… Ah, ce n’est pas facile à accepter, cet intérêt pour les jouets d’enfance !  On a peur du ridicule ! Elle reste de plus en plus longtemps à regarder les poupées, accrochée malgré elle… Laquelle lui rappelle quelque chose ? Pour laquelle son cœur bat-il plus vite ?
Je ne le saurai pas : elle file, évitant mon regard…

 

public 3


-Demain, me dit une exposante qui vient me rendre une petite visite, je vous apporterai un poupon en celluloid  dont je voudrais savoir la valeur…

Voilà bien ma crainte : qu’on me prenne pour une experte, moi qui ne sais pas grand-chose ! Je peux parler de l’histoire de certaines de mes poupées, bien sûr, mais dans le monde foisonnant et immense des poupées, je suis une ignorante ! Les poupées en celluloid, justement, ne sont pas dans mes compétences : je les admire beaucoup, mais je n’en possède que quelques-unes…
Mais cette dame me prend pour quelqu’un de modeste, et m’apporte son baigneur le lendemain. Il est assez particulier, car le pauvre petit est habillé… en parachutiste !

 

marechal celluloid parachutiste 35cm
La première fois que j’ai vu un poupon de cette sorte, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un habit fabriqué artisanalement par un amoureux de l’armée… Mais non, certains poupons ont été habillés ainsi par les fabricants : les poupées sont reflet de leur époque, et on trouve par exemple sur une publicité de Petitcollin en 1935 toute une série de poupons habillés en militaires !

Celui-ci n’est pas aussi vieux : c’est un poupon Maréchal datant des années 50. Il se trouve que je connais un peu cette marque, ce qui renforce hélas ma gentille interlocutrice dans l’idée que je suis savante…

 

marechal parachutiste 35cm visage

Elle m’apprend que les médailles sont les miniature du 13ème dragon de parachutistes. Ce poupon a-t-il été habillé de la sorte pour une occasion quelconque ? Mystère ! Je lui promets de me renseigner sur lui si possible…


Une nouvelle visiteuse s’est arrêtée, en admiration devant « Dadou », le tendre poupon noir de Bella.

-Oh, me dit-elle, j’en avais un tout pareil ! Je l’adorais et je l’emmenais partout avec moi… Mais pour Noël, il fallait donner aux enfants pauvres ce qu’on aimait le plus au monde, alors la dame du catéchisme m’a persuadée que je devais donner mon poupon noir… J’ai obéi, et j’en suis restée inconsolable ! Ma sœur avait le même, mais elle était moins sotte que moi : le sien, elle l’a gardé… Comme j’ai pleuré longtemps pour ce poupon perdu !

 

dadou.jpg

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Chapitre I : les préparatifs - Chapitre II : l'installation


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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 14:01


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CHAPITRE II : L’INSTALLATION

 

Me voilà arrivée ! J’aide à mettre en place tables et chaises, et je retrouve avec plaisir mon « Caro » (voir l’article « collection douceur ») qui participe à l’exposition. Il m’aide aimablement à transporter mes caisses précieuses, et je peux déployer mon univers…

 

bella 6

bella 1

bella 3

J’ai décidé de donner la plus grande place aux poupées Bella, qui sont le cœur de ma collection : ce sont mes premières découvertes, et le livre de Mme Porot, qui recense quelque deux cents poupées de cette marque, m’a apporté une aide précieuse. Je leur ai donc consacré une table entière !

 

bella 4

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Sur l’autre table, j’ai installé d’un côté un mélange de poupées de marques différentes, afin que mes visiteurs aient des chances de retrouver un minois familier : Convert, Gégé, Raynal,…

 

divers

De l’autre côté, j’ai mis en valeur la marque Clodrey, qui me tient particulièrement à cœur : ces poupées n’ont encore pas fait l’objet d’un livre, et je suis très fière de les avoir découvertes seules et d’en avoir rassemblé un certain nombre au fil du temps. Ce n’est qu’après avoir commencé ce chapitre dans ma collection que j’ai appris le rapport entre Clodrey et Corolle (voir mon article « un amour de poupées » sur Catherine Réfabert).

 

clodrey 1

clodrey 2

Quant à ma petite boutique de vêtements de poupées, je l’ai installée  au centre !

Autour de moi, chacun s’affaire : beaucoup de cartophiles, car l’association organisatrice est au départ un rassemblement d’amateurs de cartes postales, vieux papiers, et… médailles et insignes militaires ! Derrière moi, « Caro » a installé ses sucres avec beaucoup de goût : il a choisi le thème de guignol, regardez comme c’est joli !

 

sucres guignol

A mes côtés, un étalage précieux de miniatures de parfum : c’est un enchantement de fioles modernes et anciennes, aux formes simples ou alambiquées, avec chacune leur petite boîte… Un régal pour les yeux ! Pour parfaire le tout, « Miss mini-trésors» parfume tout son étal d’une tendre fragrance fleurie. Je me suis alors mise à rêver au parfum que je pourrais choisir pour mon exposition de poupées : une senteur de vanille ? de caramel ? De lait de toilette de bébé ? Qu’en pensez-vous ?

 

parfums

Un peu plus loin, des pin’s : j’en profite pour faire mon marché, et je reviens avec un petit assortiment sur le thème des ours et jouets, faute de trouver des poupées !

Un gentil exposant, qui cherche des cartes postales chez ses collègues, me sort tout ce qu’il trouve sur les poupées : voilà comment je me retrouve avec quelques cartes de poupées de pays. Même si je ne collectionne pas « officiellement » ces petites poupées, il va sans dire que j’en possède quelques-unes… Et je peux aussitôt assortir les cartes avec leurs poupées!

 

petitcollin alsacienne

L’heure de midi arrive sans que j’aie vu le temps passer. J’ai prévu de rentrer chez moi pour manger, car j’habite à deux pas. C’est alors que je m’aperçois que mes voisins recouvrent leur étalage d’un drap, et protègent le tout de chaises renversées… Pour éviter les vols ? Le public n’entrera qu’à 14h, mais il est vrai que les exposants circulent librement dans la salle. Doit-on craindre quelque chose de ses propres « collègues » ?

 

abri

 

Je n’ai rien prévu pour cacher mes trésors… et d’ailleurs, leur valeur est toute relative ! C’est sûr que je serais inconsolable de perdre ma malicieuse « Kitrott », ou ma précieuse petite poupée de tissu rapportée de Soutz… Mais qui intéresseraient-elles, à part moi ? Je respire profondément, et je décide de ne rien changer à mes projets ; comme « Caro » reste sur place, je lui demande s’il veut bien veiller sur mes petites, et je pars, un pincement au cœur… Vais-je toutes les retrouver cet après-midi ?

 

bella 2

 

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Chapitre I : les préparatifs


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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 21:21

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33 éme Salon toutes collections

BELFORT 17-18 avril 2010

 

Chapitre I : la préparation

 

« Venez retrouver vos tendres souvenirs d’enfance ! Emotion assurée ! »

C’est ainsi qu’un bonimenteur talentueux aurait pu présenter mon étal : Deux tables couvertes d’une nappe rose vif, semées de champignons lumineux aux couleurs changeantes et de petits pots de primevères toutes pimpantes, accueillant une cinquantaine de poupées, issues de ma collection, et rescapées de notre enfance… La mienne, la votre, celle des personnes qui s’arrêtent, l’air songeur, pour les regarder…

 

expo poupees

J’ai accepté avec joie l’invitation qui m’était faite de participer au Salon des collectionneurs de Belfort : pour la première fois, j’allais pouvoir montrer mes petites compagnes… Ma collection est sans grande valeur financière : pas de superbes porcelaines anciennes, pas de poupées rares et recherchées ; seulement des poupées en « plastique », qui ont pour seule qualité d’être les poupées d’enfance des personnes nées après guerre…

Je me suis occupée d’enfants pendant toute ma vie « active », et voilà qu’au moment de ma retraite, je décide de m’occuper des souvenirs d’enfance…

Quelques mètres carrés, donc, pour présenter mes poupées : impossible de les emmener toutes, évidemment, puisqu’elles sont plus de deux cents à embellir ma maison ! Je commence à nettoyer les poupées et à laver leurs habits, l’une après l’autre, en remettant à plus tard le choix nécessaire… Me voyant dans mes préparatifs, ma raisonnable  fille fait un savant calcul et m’apprend que je n’ai droit qu’à une quarantaine de représentantes… Je suis atterrée devant un chiffre aussi bas. Je passe des jours et des nuits à faire le tri. Quel critère privilégier ? La beauté ? La marque ? La taille ?  La rareté ? L’habillage ?
Je fais et défais les caisses de transport plusieurs fois, la mort dans l’âme de devoir éliminer telle ou telle de mes belles dont la présence me paraît pourtant indispensable. De plus, et tant pis pour les sceptiques, je dois dire que les coquines ne me facilitent pas le travail !

 

preparatifs e-Alors, tu ne m'emmènes pas ?

 

preparatifs f-Et nous, tes rayons de soleil, on reste à la maison ?

 

preparatifs d-Mais moi, ze veux venir !

 

Enfin, la veille, tout est prêt ! Répétition générale sur la table de la cuisine qui est à la bonne dimension. Les petites jouent le jeu et je peux faire les derniers ajustements… Caroline répète sans une fausse note : « Au clair de la lune », mais refuse obstinément de marcher. Tant pis, je décide de ne pas la contrarier… C’est Laurette qui marchera, Nancy chantera « trois jeunes tambours », Fripon pleurera et rira de bon cœur pendant que le tendre Pipiou bougera comme un bébé qui s’éveille…

 

preparatifs k

Je ferme à peine l’œil de la nuit (Ais-je bien tout préparé ? Ais-je bien réglé le réveil ?) et c’est le matin du grand jour… Me voilà partie, la voiture remplie de tous mes trésors, vers le lieu de l’exposition. Mon cœur bat à toute vitesse. Au programme : installation ce matin, ouverture au public à partir de 14h, et toute la journée demain dimanche…

 

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Quel accueil les Belfortains vont-ils faire à cette drôle de collection qui ne cesse de m’étonner moi-même ?

 

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 20:46

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Enfant, je ne jouais pas souvent à la poupée... J'étais plutôt un « garçon manqué », comme je l'entendais dire à mon propos, à cette époque où les adultes ne s'encombraient guère de la sensibilité de leurs enfants.


CPA fillette et poupee 

C'est vrai que ce que j'aimais le plus, mise à part la lecture, c'était  grimper aux arbres, courir à perdre haleine dans les champs, et chaparder les fruits des voisins en compagnie de mes petits copains.


Eve et Myriam 1975
Eve et Myriam (1975)

 

Des quelques poupées que j'ai possédées, je n'en ai plus aucune : le brouillard qui entoure mes souvenirs semble avoir englouti aussi dans la réalité tous les objets de mon enfance...


Nadine 1965
Nadine (1965)

 

Parfois, le voile se déchire, et je me retrouve, toute petite fille, devant la poupée presque aussi grande que moi, que mon père m'a achetée pour noël : je revois son visage sérieux, ses yeux dormeurs aux longs cils et sa bouche entrouverte avec deux petites dents...


Photo ancienne 

J'ai un peu peur de cette poupée qui me regarde fixement  de ses yeux noirs insondables.  Je suis fascinée par sa bouche, je meurs d'envie d'y enfoncer mes doigts... Je  finis par le faire, enfonçant du même coup les jolies dents que personne ne put  remettre en place par la suite.


NicoleNicole

 

Je me souviens de mes sentiments mêlés : jubilation d'avoir osé le faire, crainte de me faire gronder pour avoir abîmé mon beau présent  et  surtout soulagement (teinté de déception, bien sûr) d'avoir apporté la preuve que ce n'était  pas  une « vraie »...


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val (1967)

Le brouillard se déchire parfois aussi au détour d'une photo de baigneur sur Internet, devant le rayon de jouets d'un dépôt-vente, dans le carton rempli de poupons  d'un vide-grenier : je vois des poupées semblables à celles que j'ai aimées ou que j'aurais tant voulu avoir, étant enfant, et quand c'est possible, je les achète et les installe chez moi.

 

Elizée 1955Elizée (1955)

 

Ces poupons me racontent une partie de moi-même, ou me parlent de quelqu'un d'autre qui me ressemble...


Pauline 1945Pauline (1945)

 

Peut-être la petite fille d'autrefois avait-elle  une revanche à prendre sur le garçon manqué : longtemps elle est restée cachée, attendant son heure. Et  un jour, l'âge aidant, elle a osé apparaître et murmurer ses rêves à mon oreille. C'est à partager ce chuchotement que je vous convie à travers ce site.


 

Vava 1930

  Vava ( 1930)

 

 

 

Merci aux enfants d'hier ou d'avant-hier dont les photos touchantes illustrent ce texte !

 

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 13:05



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Ma tante Marie, une des nombreuses sœurs de mon père, m’invite parfois à venir passer quelques jours de vacances chez elle. Comme elle tient un restaurant, elle est très occupée et je passe de longs moments seule... J’en profite pour explorer l’appartement, qui est très différent du nôtre : ici, tout me semble luxueux ! Les meubles sont en bois laqué brillant, les fauteuils sont recouverts de riches étoffes bigarrées, le sol est caché sous des tapis épais dans lesquels je m’enfonce en marchant...
Elle posséde une vitrine, haute et étroite, dans laquelle elle expose... sa collection de poupées de pays ! Des miniatures toutes plus jolies les unes que les autres, somptueusement parées de longues robes soyeuses, de tabliers bordés de sequins multicolores, de châles brodés, de fines dentelles, et d’un multitude de détails qui me ravissent : des croix dorées retenues par un minuscule ruban noir autour de leur cou, des petites chaussures peintes avec leurs boucles dorées, des chapeaux de paille de la taille d’un dé à coudre, ornés de fleurs lilliputiennes avec toutes leurs pétales, sépales et étamines, de tout petits sabots de bois ... Ce sont les personnages que je pourrais rencontrer dans l’univers des contes que j’affectionne : Poucette, Tom Pouce, les lutins de la forêt et autres farfadets...

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Je colle mon nez contre la vitre et j’imagine des histoires merveilleuses dont les petites poupées sont les héroïnes : elles jouent des petites scènes pour moi, elles chantent, elles discutent entre elles... Je leur fais vivre des aventures palpitantes, pleines de dangers, dont elles sortent toujours victorieuses... Ou au contraire elles doivent supporter des vies très tristes et monotones, en attendant éternellement un prince qui n’arrive jamais...

 

Un jour, n’y tenant plus, je pousse doucement la vitre, je glisse ma main à l’intérieur d’un rayonnage... je caresse du bout des doigts les petits visages peints, je soulève délicatement une petite bonne femme tout de rouge vêtue : elle est si légère, je la sens à peine ! Je déplace un marin, je retourne une danseuse...
Soudain, je sursaute : quelqu’un a ouvert la porte du salon ! C’est ma tante, qui me surprend, la main dans sa vitrine ! Vite, je repousse la paroi de verre, mais je sais qu’elle m’a vue et je sens que mes joues deviennent brûlantes...

 

Ma tante ne fait aucun commentaire . Elle me regarde, sans un mot. Et comme je ne trouve pas les paroles qui me permettraient de m’excuser, je me tais moi aussi. Inutile de me gronder, j’ai compris la leçon. Mais mon occupation préférée chez elle est brisée : plus jamais je n’ouvrirai sa vitrine, certes, mais plus jamais non plus je ne regarderai ses poupées...

 

Pauvres mignonnettes : elles attendent peut-être encore aujourd’hui qu’une petite main d’enfant vienne leur donner vie le temps d’un jeu !


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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 16:39
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Ma meilleure amie s’appelle Capucine. Elle est plus âgée que moi, plus posée et douce ; nous nous entendons à merveille. Comme nous habitons à quelques maisons l’une de l’autre, nous pouvons nous voir aussi souvent que nous en avons envie sans que nos parents ne s’inquiètent. Des après-midi entières pendant l’été, nous jouons à la maman. Mais nos enfants sont un peu particuliers : ce sont des poupées de papier !

Armées d’anciens catalogues de vente par correspondance soigneusement conservés d’une saison à l’autre, et de ciseaux, nous nous installons sur les marches d’escalier de la maison de mon amie. A l’ombre du tilleul majestueux qui adoucit les ardeurs du soleil de juillet, entourées des roucoulements de tourterelles sur fond de chansons de grillons, baignées dans le parfum des roses que sa mère entretient avec passion, nous commençons à créer notre petite famille. Nous choisissons sur les pages enfants des catalogues les petits qui nous plaisent le plus : petits garçons aux cheveux frisés comme des anges, petites filles à la bouche mutine, et surtout, des bébés ! Les plus potelés, les plus souriants, les plus mignons sont pour nous ! Les naissances multiples ne nous effraient pas, bien au contraire : Nous n’hésitons pas à agrandir notre famille de deux ou trois poupons. Nous donnons à chacun un nom, un âge, un caractère, et nos derniers-nés, nos préférés, sont des jumeaux ou des triplés...

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Ensuite, nous leur cherchons des habits convenables, que nous découpons soigneusement, en ajoutant des languettes aux épaules et sur les hanches pour faire tenir le vêtement sur la poupée. Il faut retoucher un peu, creuser tel gilet ou raccourcir telle robe, mais dans l’ensemble nous parvenons à créer  une garde-robe respectable à chacun de nos rejetons.

Pour les bébés, nous fabriquons des berceaux avec de petites boîtes d’allumettes , que nous garnissons de draps et d’oreillers bordés de dentelles volés à la page du linge de maison : rien n’est trop beau pour nos petits ! Le dessus de la boîte est garni de l’image d’une couverture ou d’un édredon. Nous ajoutons sur le bord un rabat de drap festonné, et notre bébé peut être installé, bien au chaud dans le tiroir, la boîte juste entr’ouverte pour laisser apparaître son minois souriant...

Parfois, il est l’heure de rentrer, alors que rien n’est terminé : l’après-midi est passée trop vite, le temps nous a fait sa farce préférée... Nous devons tout ranger, taire notre frustration, nous plier aux horaires insupportables des grandes personnes ! Et nous n’avons qu’une hâte : que demain arrive vite, que nous puissions reprendre le jeu merveilleux trop tôt interrompu, et à nouveau découper, créer, rêver...

Nous possédons chacune, bien sûr , de belles poupées que nos parents nous ont achetées, ainsi que berceaux, poussettes et tous les accessoires nécessaires pour jouer à la maman. Pourtant, ces enfants de papier ont un attrait particulier à nos yeux : c’est notre famille secrète, choisie par nous seules, hors du contrôle des adultes...


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Je me souviens avec émotion de ce jeu créé à partir de rien, et je
garde précieusement le souvenir de ces petites poupées éphémères, tendre cadeau de mon enfance. 

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 16:18


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J'aime fabriquer les vêtements de mes poupées.
Coudre est mon deuxième vice, la lecture étant le premier.
Pourtant, si la lecture m'a capturée dès que j'ai pu ouvrir un livre, ma rencontre avec la couture fut plus tardive et difficile. C'était en cinquième, au collège. Au milieu de mon emploi du temps, je vis apparaître, une fois tous les quinze jours, une heure de couture... Cadeau, sans doute, d'un ministre nostalgique du souvenir de sa douce mère, cousant calmement, les soirs d'hiver, au coin du feu...
Couture pour moi, le garçon manqué et fière de l'être, quel scandale ! Si je fréquentais le collège, c'était pour m'instruire, sûrement pas pour lever l'aiguille ! Et pourquoi pas apprendre aussi à faire le ménage ou la vaisselle, et espérer ainsi devenir la parfaite épouse au foyer ? J'étais furieuse !


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Révoltée ou pas, je fus contrainte d'assister aux cours.
La prof était une petite bonne femme rondelette, très gentille, un peu sotte, tout à fait le genre de la mère du ministre, à mon avis.
Elle nous expliqua ce qu'elle allait nous apprendre : tous les points nécessaires pour savoir coudre et broder à la main. ( Peut-être que des machines à coudre auraient fait fondre mes réticences, mais "à la main", ça, jamais !)
Elle souhaitait que nous réalisions des échantillons, qui seraient comme un dictionnaire que nous allions constituer, page après page, tout au long de l'année, et qui nous servirait notre vie durant...
Sur un petit morceau de tissu de 15x15 cm, nous devions réaliser l'exercice demandé : un ourlet, une reprise, une broderie, ... Ce travail terminé, il fallait laver et repasser soigneusement le carré et le placer entre deux cadres en carton préalablement encollés. Elle nous présenta le travail d'une élève de l'année précédente, et, même moi, je dus reconnaître que ces petits tableaux avec leur broderie au centre étaient fort jolis... bien que parfaitement inutiles !

 

La séance suivante, nous arrivons avec tout notre matériel : tissu, ciseaux, aiguilles, fil, ... et nous commençons notre œuvre.
Je comprends très rapidement que je ne suis pas douée : impossible de passer le fil dans le minuscule trou de l'aiguille, et impossible ensuite de le laisser enfilé : dès que je fais un point, fuit ! ce diable de fil sort du chas et je dois à nouveau batailler pour le remettre en place. Impossible aussi de réaliser des petits points bien réguliers : j'ai beau m'appliquer au point que ma langue refuse de rester dans ma bouche, rien à faire ! Mes points dansent sur le tissu, s'allongent, s'amenuisent, montent, dégringolent, une vraie sarabande ! C'est assez joyeux et fantasque, mais pas du tout ce qui est attendu...
L'heure est finie, ouf ! Le travail doit être rapporté à la maison pour le terminer, et il devra être présenté encadré pour la prochaine séance...
Je m'empresse de faire disparaître la maudite pièce de tissu et le matériel dans mon sac, et je quitte la salle, soulagée...

 

Malheureusement, les deux longues semaines qui me séparent du cours suivant filent sans que je m'en aperçoive, et me voilà déjà à la veille du jour de couture ... Même si j'adore les contes, j'ai bien peur qu'aucun lutin secourable n'ait terminé mon ouvrage !
En effet, quand, à huit heures du soir, je me décide à le rechercher, je le retrouve enfoui au fond de mon sac, tout froissé et même un peu sali. Vite, je le secoue, je le frotte, je l'étire, et je tente de continuer l'œuvre. Mais à nouveau, le fil s'échappe, l'aiguille tombe, les points se tortillent...
Vais-je devoir coudre toute la nuit pour parvenir à présenter mon travail le lendemain ? Des larmes de découragement commencent à emplir mes yeux...

 

Ma mère assiste à ma mésaventure en soupirant, excédée. Elle me reproche d'avoir trop tardé et d'entreprendre mon travail au dernier moment. Mais au fond d'elle-même, je sais qu'elle désapprouve cette activité de couture. Elle qui a commencé à travailler à seize ans, placée comme bonne chez de riches parisiens, elle a décidé d'une autre vie pour sa fille. Elle mise sur mes facilités et mon goût pour l'étude. Elle projette pour moi l'Ecole Normale, rien de moins. Oui, je serai institutrice, ou professeur. Je serai sa fierté, sa réussite, sa revanche sur la vie difficile qu'elle a dû mener, elle, et sa mère avant elle. Mais l'histoire de la pauvreté s'arrêtera là : son enfant étudiera, et exercera un métier intellectuel, où il sera reconnu, respecté, avec un avenir sans souci...
Alors la couture dans ce projet grandiose, elle n'a guère de place...
Et comme j'exagère mes soupirs, que je laisse complaisamment les larmes mouiller mes joues, elle finit par cèder.
- Allez, donne, et va te reposer !
Je pars, toute guillerette, rejoindre mon lit, et mes livres chéris. Blottie au creux des draps qui me recouvrent la tête pour ne pas être trahie par la lueur de ma lampe de poche, je me plonge avec délice dans les aventures de Huckleberry Finn. J'oublie alors tous les tracas sordides de ma vie de collégienne pour sauter sur un radeau et me réfugier sur une île...

 

Le lendemain, mon ouvrage m'attend, lavé, sèché, repassé et encadré, sur la table du petit déjeûner.
- Ce n'est pas parfait, soupire ma mère, mais vraiment, j'ai horreur de ça !
Moi je trouve son travail merveilleux : finalement, il n'y a pas que le petit cordonnier pour bénéficier des attentions des lutins ! Je l'embrasse, ravie, et je cours à l'école...

 

Voilà comment, toute l'année, ma mère me permit d'échapper à cette corvée fastidieuse. Les années suivantes, le ministre ayant changé, les cours de couture disparurent des programmes. Je pus me consacrer entièrement aux apprentissages qui me plaisaient, et reprendre la couture, à ma façon, sans contraintes, à l'âge adulte.

 

Je dois ajouter que les efforts de ma mère, hélas, ne furent jamais récompensés : de l'année, elle ne dépassa pas la note de 9 sur 20, ce qui causait une baisse de ma moyenne générale, à son grand désespoir.
Si la situation m'amusa beaucoup, j'eus la délicatesse de n'en rien laisser paraître...

 

 
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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 21:19

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 Longtemps, je n’attachai aucune importance aux objets, aux lieux, aux souvenirs matériels. Quand ma mère mourut, six ans après mon père, je n’avais que seize ans. Je me retrouvai sans mes parents, sans une maison à moi, sans une chambre personnelle. Pour des raisons difficiles à comprendre aujourd’hui, personne ne songea à conserver pour moi des objets familiers. Je dus mobiliser toute mon énergie pour survivre, et je ne remarquai pas le vide créé par ce manque de repères. Je me contentai de ne pas m’en soucier, et j’y parvins assez longtemps.


  A quel moment me rendis-je compte que je ne possédais aucun objet de mon enfance, ou de l’enfance de mes parents ? Je ne sais pas précisément. Mais, avec l’âge, il me vint comme une nostalgie de ces menus trésors que j’aurais pu contempler de temps à autre. C’aurait été comme une présence , comme un soutien devant les épreuves de la vie. Ces objets, gardés ou offerts par mes parents, auraient donnés du sens, de la substance à ma vie sans eux.

 

  Je dus me contenter des photos –peu nombreuses- et de mes souvenirs –trompeurs- pour prendre racine.

 

  Au travers les poupées anciennes que je collectionne, je me recrée un univers d’enfance : pas seulement la mienne, mais celle de toutes ces petites filles d’époques différentes qui les ont serrées dans leurs bras.

 

  Un jour, j’ai acheté un baigneur en celluloïd à une dame qui avait à peu près mon âge. C’était le poupon de son enfance. Elle l’avait conservé, soigneusement rangé dans le grenier, et il l’avait suivi au cours de ses déménagements, tout au long de sa vie.

 

  - J’y tiens beaucoup, me dit-elle, c’est tout un pan de ma vie –mes années les plus heureuses- qui part avec lui.

 

  -Mais pourquoi vous en séparez-vous ? lui demandai-je, partagée entre l’envie de posséder ce beau poupon, et la pitié que j’éprouvais devant son chagrin.

 

  -Je n’ai que deux fils, m’expliqua-t-elle. Et ils se moquent pas mal de mes vieilleries. Quand je mourrai, ils jetteront toutes mes affaires. Je ne supporte pas l’idée que mon poupon finisse sur un tas d’ordures. Je préfère le donner à quelqu’un à qui il fera plaisir, tant que je suis encore vivante.

 

  J’achetai donc le baigneur, et la rassurai : elle pouvait être sure que j’en prendrais grand soin.

  convert-grand-baigneur-celluloid-2.jpg

  C’est un poupon Convert, au visage doux et rêveur. Je le regarde souvent, et je pense à cette femme. C’est étrange : c’est comme si je conservais, à travers lui, un morceau de l’enfance de cette inconnue... Et je lui suis reconnaissante de son cadeau : non pas le baigneur en soi, que j’ai payé, mais l’affection qu’elle lui portait, que j’ai reçue en prime.

 

  Mais quelle valeur aura-t-il pour mes propres enfants, quand je mourrai ? Verront-ils, à travers lui, le reflet de mes poupons disparus ? Si ma fille le conserve, en souvenir de moi, elle ne pourra pas dire à son enfant :  « Vois, ta grand-mère a aimé ce poupon quand elle était petite. »
Ma collection, si belle, intéressante ou émouvante soit-elle, ne sera jamais illuminée par la présence de la plus précieuse des poupées : celle qui porterait sur elle la trace de mes mains d’enfant...

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