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Les blogs d'Elizée

Son nouveau journal :

LE MURMURE DES POUPEES

 

Une boutique pour vos poupées :

ELIZEE-BOUTIQUE

 

Coudre pour vos poupées :

COUSONS-COUSETTE

 

31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:52
logo-secrets-de-poupees.jpg

titre yeux

Qu’ils soient fixes, dormeurs ou riboulants, qu’ils soient en verre ou en polyacrylique,  les yeux des poupées ont fait l’objet, au fil du temps, de nombreuses recherches de la part des créateurs : les rendre plus beaux, plus lumineux, plus profonds, afin que la poupée soit la plus proche possible de la réalité, telle a toujours été leur ambition.


clodrey visage

Poupée Clodrey Grisette, 35 cm, 1960


Je voudrais vous montrer deux inventions merveilleuses des années 60 qui enchantent les collectionneurs qui ont la chance de posséder ces trésors au creux du visage de leurs poupées : il s’agit des yeux « vivants » de BELLA, et des yeux « coucou » de CLODREY.


Voici le visage d’une poupée GEGE : quand on la regarde de côté, la mignonne regarde toujours devant elle. Normal, me direz-vous !

yeux simples gégé


Mais regardez cette petite poupée BELLA : elle possède les fameux yeux « à virgules » qui font la gloire de la marque, tant ils sont limpides et lumineux. Et, en plus, ils sont « vivants » : La coquine semble nous guetter du coin de l’œil !

yeux vivants bella

Ils  seront fabriqués à partir de 1959, mais leur prix de revient est très élevé. La production s’arrêtera donc en 1982, quand Berchet reprendra la direction de l’usine…


De son côté, Clodrey aussi fabriquait ses propres yeux, depuis la fin des années 50, et s’ils ne sont pas aussi connus à notre époque que ceux de Bella, c’est uniquement par un effet de mode : les poupées Clodrey, au regard  incroyablement pur et profond, suivaient elles aussi les déplacements de leurs petites mamans !

yeux coucou clodrey

Je vous précise que les yeux de ces poupées sont dormeurs, mais qu’ils ne bougent pas latéralement : ce que vous voyez sur ces photos n’est qu’un effet d’optique…

On a moins de renseignements sur la durée de fabrication des yeux « coucou », mais on peut supposer que l’atelier prit fin avec le rachat de Clodrey par la Compagnie générale du jouet, en 1971, pour raison économique.


bella visage

Poupée Bella D220, 33 cm, 1960


Tu m’observes, petite chipie, du haut de ton étagère ! Garderais-tu , cachée au coin de ton œil malicieux, une partie de l’âme de ton créateur ?


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 21:19




Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter un épisode particulièrement palpitant de l'aventure des débuts de Corolle , rapporté par Catherine Réfabert dans son livre « un amour de poupées ».

Il faut se rappeler que Catherine et son mari quittèrent  en 1974 l'entreprise Clodrey, rachetée en 1971 par la Compagnie Générale du Jouet (voir l'article : « de clodrey à Corolle » ) Ils rachetèrent  une entreprise de déguisements, Anselme, et pendant les 3 ans pendant lesquelles ils n'avaient pas le droit de créer des poupées ( clause de non-concurrence avec leur ancien « patron »), ils s'y consacrèrent avec succès. Enfin ils purent  reprendre leur liberté de création, mais ils ne possèdaient  pas de machines de fabrication, et n'avaient pas les moyens d'investir... Ils trouvèrent de l'aide auprès de l'entreprise Bella, installée à Perpignan : elle accepta de produire les pièces détachées, têtes et membres des poupées, pour les Réfabert.  La future marque « Corolle » pouvait commencer à prendre son envol...


Bébé ChériPhoto Mifaon


Mais voilà qu'en 1982, Bella se trouve en grande difficulté *: en septembre, à trois mois de Noël, l'usine est en grève et le directeur séquestré par les ouvriers. Un coup de fil d'un ami prévient les Réfabert : « L'usine sera occupée demain! »

Pour la jeune entreprise, c'est la catastrophe : si le conflit chez Bella dure ( ce qui semble se profiler), c'en sera fini de Corolle ! Alors, cette nuit-là, un émissaire de Corolle saute dans sa voiture et fonce vers Perpignan, pour essayer de récupérer les moules indispensables à leur survie.

Il arrive à 4h du matin : mais là, tous les accès sont  bloqués  par les grévistes, et impossible de convaincre le piquet de grève de le laisser pénétrer dans les locaux pour reprendre son  matériel. Heureusement, il parvient, avec l'aide d'un ami sur place, à entrer dans l'usine par une petite porte de derrière, non surveillée. Vite, il charge les lourds moules dans sa voiture, et repart incognito...


Petit frèrePhoto Mifaon


La précieuse cargaison ramenée à Langeais, il fallut trouver de l'aide auprès d'une autre usine pour pouvoir reprendre la production : ce fut l'entreprise de masques César, en possession de machines adéquates, qui accepta. Et en attendant de pouvoir s'équiper des machines nécessaires à son autonomie,  c'est ainsi que Corolle fut sauvée, et que Bébé chéri put continuer à émerveiller les enfants, et à émouvoir les  collectionneurs !


*Chez Bella, premier dépôt de bilan en 1981. En juin 1982, le gouvernement aide les jouets Berchet à mettre un plan de sauvetage en place, mais les ouvriers réagissent vivement ( 700 emplois en moins). S'en suivent des séquestrations, des manifestations suivies d'une grève dure. Le nouveau propriétaire dépose le bilan à son tour. Et en 1984, ça sera la fin de la plus belle des poupées, après 40 ans d'existence...



Câlin malicieuxPhoto Mifaon



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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 18:04
secrets de poupées
Dimanche 8 février 2009


Le livre des poupées de M&T

Edité par le Musée de la Poupée de Paris, ce petit livre de 40 pages à couverture souple, écrit par Samy ODIN, est un plaisir pour ceux qui veulent commencer une collection, ou simplement, comme moi, satisfaire leur curiosité en apprenant tous les détails des poupées de M&T !




En 1996, c'est Samy ODIN qui a préparé l'exposition du Musée de la Poupée qui rendait honneur à ces poupées et à leurs costumes au fil des années : son livre est le résultat des recherches qu'il a effectuées, ainsi que l'album photo souvenir de cette présentation.

En première partie, vous apprendrez tous les détails morphologiques des poupées : descriptions précises et photos pour chaque modèle. Un tableau récapitulatif indique le nombre de variantes, de moules, et un descriptif (matière, cheveux, yeux) pour chaque modèle, ainsi que les dates d'apparition dans la revue. De quoi ne pas faire d'erreur quand vous « chinerez » vos poupées !

La deuxième partie est consacrée aux vêtements : Samy ODIN nous fait partager les secrets de l'évolution des patrons et créations, et nous livre un tableau qui indique pour chaque année le nombre de patrons parus et à quelles poupées ils étaient destiné.



La troisième partie est l'album photo de l'exposition : regroupées en douze tableaux, les poupées suivent les mois de l'année, avec leurs évènements particuliers ( noël, carnaval,...) et les saisons... C'est très réjouissant, et on ne se lasse pas d'admirer les petits écoliers en tablier à carreaux qui attendent le bus scolaire, ou les petites communiantes toutes habillées de blanc, un cierge à la main... Et encore un clin d'œil aux collectionneurs : sous chaque poupée sont indiqué le  mois et l'année de parution du patron. Vous savez donc quelle revue rechercher, si vous voulez reproduire le modèle...




N'hésitez pas à vous offrir ce petit livre précieux, et bonne lecture !


Malheureusement, après avoir recherché le prix sur le site du musée de la poupée pour répondre au commentaire de Michèle, je me rends compte que le livre est épuisé ! Vous ne pourrez donc pas courir l'acheter, il faudra le rechercher en occasion... Quel dommage !


A lire aussi, si les poupées de Modes et Travaux vous intéressent, le petit article dans la catégorie Secrets de poupées : "M comme... Modes et travaux"!


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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 15:35

 


Nous sommes dans les années 50. Pour fabriquer les poupées, Claude Réfabert s'intéresse aux procédés de moulage du polyéthylène, une nouvelle matière plastique qui va, en dix ans, remplacer totalement le celluloïd. Il travaille cette matière plastique : fluidifiée, mise en forme, puis sablée pour prendre un aspect mat, elle lui permet de créer les premières poupées incassables et ininflammables, les premières poupées « modernes ».

 

Baigneur années 50


Pour « bâtir une image de marque », Claude Réfabert et sa femme décident de choisir comme nom « CLODREY », en reprenant les deux premières syllabes de « Claude Réfabert »: le F étant remplacé par un Y dans un souci de consonance.

Comme dessin, ils choisissent l'arbre de vie et le phénix, l'oiseau légendaire qui renaît de ses cendres.

Des symboles qui illustrent bien la philosophie de vie du bouillonnant inventeur que fut Claude Réfabert !

 


Vous trouverez donc des poupées Clodrey non marquées, ou marquées « Polyflex » ( c'est le nom de la matière), avec le dessin de l'arbre de vie, de l'oiseau-phénix et d'un nid avec des oisillons, ainsi que « made in france », pour les premiers modèles ; puis les poupées seront simplement marquées « Clodrey », en lettres attachées, avec « made in france », et parfois un numéro (sûrement pour les modèles les plus récents).

 

Poupée fin années 50


Claude Réfabert dirigea l'entreprise Clodrey depuis sa création, en 1952, jusqu'en 1971, date à laquelle elle fut rachetée par la Compagnie du jouet : la marque fut conservée jusqu'en 1982. Mais les « créateurs » avaient quitté le bateau bien avant : Claude en 1971, son fils et sa belle-fille,Catherine Réfabert, fin 1974 ( pour créer, en 1979,la marque « Corolle », avec « bébé chéri » comme première réussite...)

 

Poupée début années 70


Quant aux poupées « CR Club», elles ont bien été créées par Catherine Réfabert pour Clodrey, mais seulement pour les modèles commercialisés en 1974 : après cette date, leur créatrice n'a plus rien à voir avec elles ! Mais la marque « CR » appartenant à la Compagnie du jouet, cette dernière continua à l'exploiter.

 

Bébé Mick et sa soeur Paméla, début des années 60


Je tiens tous mes renseignements du livre merveilleux de Catherine Réfabert, « Un amour de poupées », et des observations que je peux faire sur les poupées Clodrey que je collectionne... Si vous avez d'autres sources, faites-les nous connaître !

L'histoire des poupées est riche et compliquée, c'est ce qui fait son charme...

 


Poupée années 70

 

 

 


 

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 23:05

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Vous avez tous en mémoire la légende de ces livres rares, aux enluminures magnifiques, contenant des enseignements secrets et dangereux, qui attirent la convoitise des hommes et dont les pages, subtilement empoisonnées, vont condamner le malheureux qui osera s’en emparer...

A notre époque aussi, il existe des livres dangereux : S’il y a un livre que je vous déconseille d’acheter, à vous qui venez sur mon blog parce que vous aimez les poupées, c’est celui d’Anne-Marie POROT, « le grand livre des poupées Bella ».

Il s’agit d’un grand et gros livre de plus de 400 pages.
Vous y trouverez autant de photos de poupées Bella que de pages, avec une mine de renseignements sur chacune : un descriptif très complet de la poupée et de ses vêtements, la date de fabrication, les anecdotes la concernant...

Vous trouverez aussi des renseignements sur l’histoire de l’usine Bella, les méthodes de fabrication, les inventions liées aux différents mécanismes des poupées, et bien d’autres secrets intéressants : les différentes boîtes, les bijoux, les moules, ...

En bonus, dans les dernières pages, Mme POROT vous a préparé une liste des numéros portés par beaucoup de poupées, avec en regard les noms, les tailles et les dates de fabrication. Comme la plupart de ces poupées sont répertoriées dans le livre, il n’y a qu’à rechercher la page pour avoir tous les détails souhaités. Ce qui a vite fait de vous transformer en connaisseur averti de ces magnifiques poupées !

 Et c’est là que réside le danger : D’abord, vous admirez les photos... et puis vous commencez à reconnaître telle ou telle poupée lors de vos sorties dans les vide-greniers de votre région... vous sentez comme une intimité se créer entre ces poupées et vous : « Tiens, voici Angélique ! Oh, regarde, c’est Bertou ! Et là, je crois bien qu’il s’agit de Louisette... »

Car elles portent des noms charmants, les bougresses : Brigitte, Cosette ou Alexandra, mais aussi Fripon, Bilibull et même Nanar, un coquin qui n’aime pas les épinards ! Véridique : il tourne la tête quand on lui présente la cuillère !...

Vous en rencontrez de plus en plus dans les dépôts-ventes de votre ville, à croire que tout le monde s’est donné le mot pour vous tenter... et si par malheur vous vous mettez à fréquenter via internet les sites de vente aux enchères, à la rubrique « poupées », là, vous êtes condamné(e)... Je ne donne pas six mois pour que votre maison soit remplie, comme la mienne, de dizaines de poupées Bella... et que vous en convoitiez encore des dizaines d’autres !

Non, vraiment, suivez mon conseil avisé : n’achetez surtout pas ce magnifique livre maléfique, refusez qu’on vous l’offre pour Noël, et même ne l’ouvrez pas si vous le voyez à la bibliothèque !


livre-poupees-bella-couv.JPG


 

 

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 22:41

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Catherine REFABERT est la créatrice des poupées COROLLE. En 1994, elle publie « Un amour de poupée » : pas un livre pour les collectionneurs, prévient-elle dès l’avant-propos, mais le récit mêlé de sa vie et de celle de son entreprise, le témoignage écrit de sa passion pour les poupées.

C’est un livre passionnant, qu’on dévore comme un roman. On en sort avec le sentiment d’avoir fait la connaissance d’une femme extraordinaire, qui appelle notre affection par son côté sensible et génereux, et notre admiration par ses capacités d’entrepreneur et sa pugnacité.
Elle nous raconte son enfance, sa famille russe émigrée, son père peintre de miniatures. L’anecdote de sa première poupée, brisée le jour même où elle fut offerte, mériterait de figurer dans les souvenirs d’enfance de ce site!
Elle nous parle de sa jeunesse, de ses études, de sa rencontre avec son futur mari, Jacques Réfabert, dont les parents étaient fabricants ... des poupées Clodrey !

undefinedmarque Clodrey : l'arbre de vie et le phénix


Avec son mari, elle épouse l’entreprise familiale, dans laquelle elle s’investit aussitôt, apportant ses qualités artistiques et de stylisme aux créations de ses beaux-parents.
Elle nous raconte toutes les péripéties qui entourent la réussite de Clodrey. L’enthousiasme nous gagne devant les paris fous de Claude Réfabert, le père de Jacques, toujours en quête de nouveautés et d’inventions... et nous nous attristons d’apprendre la fin de la magnifique aventure en 1971, conséquence directe d’un vice de fabrication sur une poupée : Marie-Claude, créée en 1968, la première poupée marchante et parlante commercialisée en France, voit son mécanisme se briser au bout de quelques heures de fonctionnement. Il fallut réparer des milliers de poupées, voire rembourser les clients car l’usine ne parvenait plus à faire face aux réclamations...
L’entreprise ne put se rétablir, et fut rachetée par la Compagnie générale du jouet, appartenant au Baron de Rothschild (Oui, le banquier !).

Catherine Réfabert et son mari continuent à diriger l’entreprise, en principe, mais dans la réalité les choix commerciaux et financiers leur échappent complètement : ils doivent se plier aux exigences des nouveaux propriétaires, qui veulent abaisser les coûts de production au détriment de la qualité des jouets. Catherine tente de réagir et obtient l’autorisation de créer la ligne « CR club », des poupées au visage très stylisé, avec des perruques collées en vrais cheveux ou en fibre artificielle, le « kanékalon ».

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A la fin de l’année 1974, les Réfabert quittent les poupées Clodrey : malheureusement, ils ont signé une clause d’exclusivité qui leur interdit de créer des poupées pendant trois ans. Qu’à cela ne tienne ! Catherine et Jacques rachètent la société Anselme, qui fabrique des déguisements d’enfants. Et quand le délai des trois ans fatidiques est passé, Catherine recommence ses créations : mais il n’y a plus d’outil de production, les machines pour mouler sont restées chez Clodrey. C’est la société Bella qui acceptera de les aider en fabriquant les têtes de leurs poupées. Ces poupées seront commercialisées avec comme nom : « les poupées de Catherine Réfabert ».


C’est en 1979 que naît « Bébé Chéri » et avec lui la marque « COROLLE » : ce poupon, boudé au début par les distributeurs adultes, connut pourtant un succès immédiat auprès des enfants, succès qui ne s’est toujours pas démenti actuellement!

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Photo Mifaon


A la fin de l’année 1982, l’usine Bella connaît de graves difficultés, et une grève avec occupation éclate : A la suite d’une équipée nocturne incroyable, les moules des poupées Corolle sont récupérés in extremis... Sans la chance que représenta ce sauvetage, l’entreprise Corolle n’aurait pas survécu à Bella... Encore une fois, Catherine et Jacques retombent sur leurs pieds en trouvant un fabricant de masques de carnaval pour assurer la production de leurs poupées !

Dans son livre, Catherine Réfabert parle longuement de son métier de créatrice : elle explique comment elle fait évoluer ses poupées, comment elle recherche les modes et les idées pour les vêtements. Elle aime les enfants, s’intéresse à leurs besoins et défend avec passion les poupées « d’imagination », en opposition aux poupées « spectacle ».

« Je suis contre les poupées presse-bouton » écrit-elle,  « ces robots lourds et rigides sur lesquels l’enfant ne peut pas projeter une relation affective. Je suis contre les jouets qui expriment la violence, la guerre et le chaos. [...] Je suis sceptique devant la montée en puissance des jeux vidéo qui obligent les enfants à suivre une méthode pour réussir à vaincre l’adversaire. [...] Ces nouveaux jouets à « réalité virtuelle » dont on parle beaucoup aujourd’hui vont exciter certainement l’intelligence, développer l’esprit logique et améliorer les réflexes, mais vont-ils laisser beaucoup de place à l’imagination et au rêve ? Lorsque l’enfant met un casque sur la tête, chausse les « lunettes magiques » et saisit les manettes de la console, est-ce qu’il ne s’enfonce pas dans la solitude ? »

Je voudrais vous parler encore des récits de Catherine Réfabert concernant les collectionneurs des Etats-Unis, qui possèdent jusqu ‘à 3000 poupées, installées dans toutes les pièces de la maison (ça fait rêver, n’est-ce pas ?), des séances de « doll party », dans lesquelles elle est invitée à signer les poupées, comme un auteur en France dédicace ses livres... De sa conception du « club Corolle », qui lui permet de connaître les goûts de ceux pour lesquels elle imagine ses modèles... de la générosité avec laquelle elle parle des ouvriers qui l’ont aidée, de ses beaux-parents, de son mari...

Mais je ne peux pas tout vous raconter : je ne peux que vous conseiller de lire ce livre... qui hélas est épuisé. J’ai trouvé le mien chez un bouquiniste : je vous souhaite, amis collectionneurs, amis des poupées, amis des passionnés, amateurs de récits de vie, admirateurs des artisans, des femmes chefs d’entreprise, de trouver vous aussi ce livre et de vous y plonger avec autant de plaisir que j’en ai éprouvé !


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Pour les collectionneurs, j’ai établi un petit récapitulatif des renseignements qui jalonnent
l’aventure de Clodrey et de Corolle racontée dans ce livre... Si vous avez d’autres sources, si vous connaissez d’autres choses, n’hésitez pas à les partager avec nous !

 


 
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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 21:01


secrets de poupées

Les poupées de Modes et travaux
6 modèles : Françoise, Michel, Francette, Marie-Françoise, Jean-Michel, Emilie !

 

Vous souhaitez collectionner les poupées de M&T ? Vous avez raison, voilà une collection limitée : votre maison ne sera pas remplie de la cave au grenier par des poupées de toutes sortes ! Quoique... Ce n’est pas si simple ! Car s’il n’y a que 6 modèles, ils ont évolué au fil du temps, et on trouve 10 moules de visages différents. La matière a aussi évolué, depuis les premières « Françoise » en celluloïd jusqu’à la naissance d’Emilie au parfum de vanille... Et la couleur et la texture des cheveux, la forme, la couleur et la matière des yeux ... Bref, il vous faudra trouver 63 modèles différents pour prétendre avoir une collection complète !

 


Si la revue voit le jour en 1919, c’est en 1951 qu’apparaît pour la première fois la rubrique « Françoise : poupée de Modes & Travaux » : il s’agit d’une poupée fabriquée en exclusivité par la Société Nobel Française (SNF). Elle mesure 39cm, elle a la chevelure moulée avec une coupe au carré et une raie à gauche, ses yeux sont peints ou en acétate, et elle est fabriquée en celluloïd brillant ou mat. Elle est marquée « SNF » dans un losange sur la nuque et entre les omoplates.


 

Photo collection Nicole

 

Cette poupée est vendue nue, mais elle est accompagnée de patrons de vêtements qui paraissent dans la revue et que les lectrices peuvent réaliser... Petit à petit on peut trouver des « kit à coudre » vendus sous pochette : patron, tissu , boutons, dentelles,..., et à partir de 1958, des vêtements de confection que l’on peut acquérir à la boutique , mais aussi par correspondance.


 

Photo collection Nicole


En 1954, c’est la naissance de Michel, un baigneur de 40cm, en celluloïd lui aussi, avec la chevelure moulée et les yeux dormeurs. Ses bras et ses jambes sont coudés. Il est fabriqué -et marqué- par la société SNF, jusqu’au premier modèle en plastique, en 1963. A ce moment, la société SNF vend son secteur poupées à la société Petitcollin. Michel évolue : d’abord la forme des yeux, puis les cheveux implantés...


Photo collection Nicole

 

En 1958, une nouvelle poupée fait une brève apparition : « Marie-Françoise », poupée en celluloïd aux yeux dormeurs, avec des cheveux naturels coiffés en petites nattes. Elle revient deux ans plus tard sous le nom de « Francette », mais ne rencontre aucun succès... et c’est de nos jours la poupée la plus recherchée !


 

Photo Pascale


Fin 1959, voici «  Marie-Françoise » (la vraie, pourrait-on dire, en tous cas la plus commerciale des poupées de M&T) : elle est réalisée en polyéthylène, a les yeux dormeurs et les cheveux implantés. Elle est fabriquée au début par la SNF, mais ne porte pas de marque. Elle est remplacée par une nouvelle version marquée « MADE IN FRANCE », puis évoluera encore avec la production assurée par Petitcollin.


 

Photo collection Nicole

 

« Jean-Michel » vient rejoindre la petite famille en 1969 : s’il ressemble beaucoup à son petit frère Michel, il a les jambes raides qui lui permettent de tenir debout. Lui aussi va évoluer au niveau de la forme des yeux, de la bouche et de la texture des cheveux.


 

Photo collection Nicole

 

Enfin, en 1986, c’est la naissance d’ « Emilie », la dernière poupée exclusive de la revue : une fillette plus potelée que Marie-Françoise, aux cheveux longs et parfumée à la vanille. Elle est fabriquée elle aussi par Petitcollin, et porte sur le cou l’inscription « Modèle déposé M&T ». Contrairement aux autres poupées, elle est vendue avec une robe de présentation, et dans une boîte portant son nom.

 

Viennent s’ajouter en 1987 et 1990 deux poupées fabriquées à l’étranger et sans que la revue n’en achète l’exclusivité : Julien, créé par la firme espagnole Berenguer, et Cécile, de la firme allemande Zapf. Il s’agit de poupons de 40cm au corps mou. Cécile sera proposée dans le journal jusqu’en avril 1995.

 

Actuellement, la nouvelle société Jouets Petitcollin, rachetée par Villac depuis 1995, continue à fabriquer et distribuer les poupées anciennement destinées à Modes & Travaux à partir des anciens moules.


Photo collection Nicole


Merci à Nicole et à Pascale pour les photos qui illustrent mon article. Nicole a fabriqué tous les petits habits des poupées présentées à partir des modèles publiés au fil du temps par la revue de M&T : splendide, n'est-ce pas ?


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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 20:38


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Dans les années 50, une nouvelle matière plastique vint révolutionner le monde de la fabrication des poupées : le polyéthylène, qui pouvait être injecté à chaud dans un moule pour donner sa forme à l’objet. Claude Réfabert (son entreprise allait bientôt prendre le nom de « Clodrey ») perfectionna le système de moulage pour qu’il puisse s’adapter à la réalisation des poupées, en remplacement du celluloïd, qui présentait l’inconvénient de s’écraser et de s’enflammer facilement (la fabrication de jouets en celluloïd fut d’ailleurs interdite à partir de 1959).

 Afin de faire connaître ses jouets, le pétillant patron des entreprises Réfabert jugea que la publicité classique ( la « réclame », comme on l’appelait à l’époque) ne suffisait pas : il décida en 1955 de créer un évènement extraordinaire, qui frapperait l’imagination des enfants et de leurs parents.

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Il loua le Cirque d’Hiver à Paris, et sous le contrôle d’un huissier de justice, présenta un spectacle d’éléphant auquel je suis sûre que vous auriez aimé assister, mes chers lecteurs : imaginez une poupée en polyéthylène posée sur un tambour au milieu de la piste, et un éléphant, mené par son cornac, qui s’en approche majestueusement... Il s’arrête, lève son énorme patte au-dessus de la poupée sacrifiée, et la repose en plein dessus, et presse, presse, afin de la broyer...

Tout un public de photographes et de journalistes assistent à la scène et relateront dans les journaux l’évènement : la poupée a résisté à l’éléphant ! Pas moyen de l’écraser !

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 Sur les publicités réalisées à partir de ce judicieux spectacle, on voit nettement le poupon choisi : « indéformable, ininflammable, souple, inoffensif », il s’agit d’un poupon semblable aux poupons en celluloïd, avec ses cheveux gravés et ses belles joues rondes. Il s’agit d’un modèle comme le mien !

 

poupon-clodrey-polyflex

 Ce poupon mesure 45 cm, ses yeux sont dormeurs, avec un système à balancier (les yeux se ferment les deux ensemble, à l’aide d’un contre-poids). Sa tête et ses bras tiennent avec des élastiques, et ses jambes sont emboitées. Il porte au dos l’inscription : POLYFLEX, écrit en arc de cercle au-dessus du sigle de Clodrey (un rond avec à l’intérieur le dessin de l’arbre de vie et du phénix), et en dessous MADE IN FRANCE.


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La réclame n’était pas mensongère : « La poupée polyflex qui a résisté à l’éléphant... résistera aux enfants ! » Et c’est vrai, elle est arrivée jusqu’à nous... Admirez son petit air romantique !


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(Sources : "Un amour de poupées", de Catherine Réfabert)

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 11:38


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A travers le récit de la vie de Catherine REFABERT (voir le résumé de son livre « un amour de poupée » ), une grande partie de l’histoire de l’entreprise CLODREY, puis de l’aventure COROLLE apparaît. J’ai regroupé pour vous ces renseignements !

 

L’entreprise CLODREY est créée en 1952, par Claude REFABERT, le futur beau-père de Catherine, à Paris. L’entreprise imagine une machine qui permet de créer les premières poupées en polyéthylène qui vont remplacer celles en celluloïd. Elles s’appellent « Bambino » et « Bambinette », leurs yeux sont peints et leurs cheveux gravés dans le plastique. Puis naissent « Jouvenceau » et « Dauphin », semblables aux baigneurs en celluloïd, mais incassables.

 

Toujours à la pointe de l’innovation, l’entreprise achète aux Etats-Unis la première « machine à perruquer », et fait fabriquer par Rhône-Poulenc un fil de vinyle appelé Chlorène, qui , après multiples traitements, peut devenir les cheveux des poupées. Comme ces cheveux peuvent être non seulement coiffés, mais aussi lavés, les poupées seront vendues avec un petit berlingot de shampoing fabriqué par Dop ! 



 

En 1957, pour bénéficier de le prime promise par le gouvernement Mendès-France aux entreprises qui acceptent de quitter Paris, CLODREY part s’installer à Langeais, sur les bords de la Loire, où elle créera dans les années 60, plus de 300 emplois, et exportera ses poupées en Europe et dans le monde entier.

 

C’est en 1960 que Catherine REFABERT vient s’installer à Langeais, après son mariage, et participer à la création des poupées. En 1962, elle crée « Mick », un poupon de poche de 30 cm, dont le corps en tissu est rembourré de latex. Il est vendu avec une importante garde-robe, et c’est un premier succès. Puis elle crée « Paméla », sa grande soeur.

 

 

Claude REFABERT s’intéresse aux poupées automates : il crée « Miss Twist », « Referendum » ( en hommage au referendum sur l’indépendance de l’Algérie en 1962 !), « Baby boude » qui pleure de vraies larmes.

 

Les yeux des poupées sont fabriqués sur place, et Claude REFABERT crée les « yeux coucous », qui suivent l’enfant du regard.

 

Il crée aussi « Fanfan », un gros poupon qui pleure en émettant des sons grâce à une cellule photo-électrique.

 

Les fabricants de poupées de cette époque ont des noms qui font rêver aujourd’hui : RAYNAL , BELLA, GEGE, PETITCOLLIN, BIRGE, LAFLEX. L’entreprise GAMMA, quant à elle, achète ses poupées chez CLODREY et les habille avec luxe...

 

En 1964, CLODREY fabrique « Nicolas » et « Pimprenelle », en accompagnement de la première diffusion de la série pour enfants de l’ORTF : ce fut un tel succès que le chiffre d’affaire de l’entreprise fut multiplié par six en moins de deux ans !

 


Puis Claude REFABERT finance les dix premiers épisodes du « manège enchanté », en échange de l’exclusivité des produits dérivés ( « Pollux », « Zébulon », « Margotte » : oh, oh, chers lecteurs, je vois que la nostalgie vous guette !)

 

En 1965, Catherine REFABERT crée le premier bébé sexué : « Petit Frère », qui mesure 53cm et pèse 1,5kg. Il est réalisé dans une nouvelle matière, le « Chlorure de vinyle ». Il est présenté en chemise, avec le bas découvert...

 

Clodrey petit frere -celinephoto Céline


Si le poupon est accepté sans peine dans les pays nordiques, il est très contesté dans les pays latins. Quand il arrive aux Etats-Unis, en 1967, il suscite des vagues de protestation des ligues morales ! Les conteneurs sont bloqués par les douanes à New York, puis des scandales éclatent dans les magasins. Malgré tout, il se vend bien, et il est suivi en 1968 par « Petite Sœur », puis, l’année suivante, par deux mini-poupées sexuées de 33cm, qui connurent un grand succès.

 

Claude REFABERT rêve de créer une poupée parlante : il réalise « Daisy », en 1967, grâce à un mécanisme japonais dont il achète l’exclusivité. Cette poupée fonctionne avec des piles, et dit quatre phrases différentes, enregistrées sur un petit disque.

 

En 1968, il crée « Marie-Claude », la première poupée française qui parle et qui marche : elle mesure 50 cm, elle est très lourde et très chère, néanmoins elle a beaucoup de succès. Mais un vice de fabrication cause la perte de l’entreprise, qui ne peut faire face au coût des réparations et des remboursements : CLODREY est rachetée par la Compagnie Générale du Jouet en 1971 ( entreprise qui fermera ses portes à son tour en 1982).

 

Catherine REFABERT crée les poupées « CR club » pendant qu’elle travaille encore chez CLODREY nouvelle formule, qu’elle quittera fin 1974. Ces poupées ont un visage très stylisé, et les cheveux sont fixés sur une perruque collée.

 

Interdite de création en France pendant trois ans par une clause de non-concurrence qui la lie à son ancien employeur, elle crée aux Etats-Unis « Honey Baby », chez FISHER-PRICE (poupon commercialisé en 1976). En France, elle travaille à la création de déguisements sous la marque « ANSELME », une entreprise qu’elle a rachetée avec son mari. ( Je le précise car on peut trouver des poupées marquées «corolle-anselme », qui doivent dater de 1979).

 

Passé le délai d’attente, elle fait une offre d’importation à la firme anglaise PEDIGREE, et retouche le poupon « First Love », qui devient « Chérubin » en France.

 

Puis elle crée, grâce à l’aide de BELLA, qui assure la fabrication des têtes, des poupées au corps rembourré d’ouate légère en rhovyl : « Bonbon », « Grenadine », « Tartine » et trois poupées premier âge : « Tom », « Pouce » et « Pirouette ». Ces poupées , non marquées, porteront une étiquette ronde mentionnant : « les poupées de Catherine Réfabert ».

 

En 1979, c’est la création de « Bébé Chéri », et le choix du nom « Corolle », proposé par Carole, la fille de Catherine : c’est un grand succès, et ce poupon reste la mascotte de la marque, toujours produit sans aucun changement de physionomie depuis sa création !

 
Photo Mifaon

 

Suivent « Flore », « Rose », « Pénélope », « Isabelle », au visage proche du réel, des yeux proportionnés au visage, et des cheveux montés sur perruque.

 

Le succès aux Etats-Unis donne l’idée à Catherine de créer des séries limitées de poupées destinées aux collectionneurs : en 1986, elle crée « Douchka », puis en 1987 et 1989 « Tania » et « Ludmilla ». Ces poupées sont réalisées à trois cents ou cinq cents exemplaires, numérotées, signées et distribuées dans le monde entier.

 

En 1990, COROLLE s’associe avec MATTEL, le géant américain... L’aventure racontée par Catherine dans son livre s’arrête à peu près là, mais l’enchantement des poupées COROLLE n’a pas faibli dans les années suivantes... Je laisse la place à présent aux collectionneurs qui, grâce aux poupées et aux catalogues en leur possession, peuvent compléter et continuer l’histoire...


 

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Un grand merci à Catherine REFABERT pour son livre passionnant, dans lequel j’ai puisé tous ces précieux renseignements .

 



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Published by élizée - dans secrets de poupées
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